Le cannabidiol, un espoir dans la lutte contre les crises d’épilepsie

Publié le : 02/11/2019 13:17:02
Catégories : Actualité du CBD

Les crises d’épilepsie s’avèrent lourdes de conséquences pour les patients dans leur vie de tous les jours. Il n’existe pas une mais plusieurs épilepsies et 30% se trouvent réfractaires aux traitements. Les scientifiques portent un immense espoir dans la complémentation par CBD. Diverses études présentent l’efficacité et l’innocuité du cannabidiol au cours de leurs essais.

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

Environ 600 000 personnes souffrent d’épilepsie en France, près de la moitié a moins de 20 ans. Elle se situe en troisième position des maladies neurologiques les plus fréquentes, après la migraine et la démence.

Il n’existe pas une seule épilepsie mais plusieurs. Ce terme englobe, en réalité, diverses maladies neurologiques qui ont un point commun : la survenue brutale d’une intense activité électrique dans le cerveau. Ces décharges peuvent se manifester dans différentes zones du cortex cérébral. Il en résulte ainsi des symptômes différents selon les crises. Ceux-ci apparaissent sous forme de convulsions, de rigidités musculaires, de mouvements involontaires, d’hallucinations, de pertes de conscience, de troubles du comportement, de regard fixe…

Dans 60% des cas, on ne connaît pas la cause de la maladie. On pense qu’elle pourrait être génétique. D’autre part, on distingue les épilepsies symptomatiques qui sont dues à une lésion ou à un traumatisme, comme un AVC, une tumeur, une maladie infectieuse (sida, méningite, encéphalite virale…), des lésions prénatales…

L’épilepsie peut apparaître dès la petite enfance. Dès les premiers mois, on rencontre notamment le syndrome de West (spasmes et troubles du développement psychomoteur) ou le syndrome de Dravet (crises sévères avec contractions). Le syndrome de Lennox-Gastaut (absences et crises) survient les premières années de l’enfance et provoque des troubles mentaux et comportementaux.

On distingue aussi l’épilepsie-absence qui apparaît entre 5 et 7 ans, surtout chez les filles. Elle se caractérise par des absences de quelques secondes. Elle disparaît normalement à l’adolescence.

Parmi les 50 millions de personnes souffrant d’épilepsie dans le monde, environ 30% ne trouvent pas de soulagement symptomatique avec la prise de médicaments antiépileptiques.

L’efficacité du CBD même sur les formes réfractaires aux traitements

L’épilepsie a des conséquences dévastatrices sur la vie des patients, que ce soit au niveau clinique ou socio-économique. Elle entraîne une comorbidité élevée et un taux de mortalité accru.

Le cannabidiol a été suggéré comme alternative thérapeutique, par diverses études, notamment pour les épilepsies réfractaires aux médicaments.

Le cannabis fut utilisé durant des décennies dans divers pays pour traiter entre autres la douleur, les rhumatismes et les convulsions. Ceci a pris fin milieu du XXe siècle, suite à la prohibition de cette plante. Les expérimentations furent ainsi plus compliquées à réaliser.

Le CBD contre les crises d'épilepsie

Une étude américaine publiée en mars 2016 suggère que le CBD pourrait diminuer les crises et présenter un profil d’innocuité adéquat chez les enfants et jeunes adultes. Les patients concernés étaient âgés de 1 à 30 ans et souffraient d’épilepsie grave, résistante aux traitements. Mais des essais randomisés s’avéraient encore nécessaires.

En 2017, une étude randomisée compare l’utilisation du cannabidiol à celle d’un placebo. Ceux-ci complèteront le traitement antiépileptique standard. La recherche concerne 120 enfants et jeunes adultes présentant des convulsions résistantes, dans le syndrome de Dravet. 43% des patients traités par CBD contre 27% sous placebo observent une diminution d’au moins 50% de la fréquence des convulsions. 5% d’entre eux n’avait plus de crise avec la prise de cannabidiol, contre 0% avec le placebo. Des effets secondaires tels que la diarrhée, fatigue, somnolence et perturbations des enzymes hépatiques sont apparus davantage dans le groupe CBD.

Ces résultats furent complétés par un essai à long terme, publié en décembre 2018 dans la revue Epilepsia. 264 patients soit 95% de l’essai initial ont été inclus dans l’extension. Celle-ci expose une diminution de 39 à 51% des crises, au cours du traitement avec CBD durant 12 à 48 semaines. Au-delà de 48 semaines, 85% des patients/soignants constatent une amélioration de l’état général. 93.2% des participants ont signalé des effets indésirables légers à modérés : diarrhée, fièvre, perte d’appétit, somnolence.

Le New England Journal of Medicine publie en mai 2018 une analyse randomisée sur l’efficacité et l’innocuité du CBD. Elle implique 225 individus atteints du syndrome de Lennox-Gastaut et âgées de 2 à 55 ans. On distingue 3 groupes dans lesquels le traitement antiépileptique classique est maintenu. Le groupe n°1 rassemble 76 patients qui reçoivent 20 mg de CBD/kg/jour. Dans le n°2 on administre 10 mg/kg/jour à 73 personnes. Le n°3 porte sur 76 individus sous placebo.

Le nombre de crise a diminué de 41.9% chez les personnes du groupe 1, de 37.2% dans le groupe 2 et de 17.2% dans le 3. 25% des participants du groupe n°1, 11% du n°2 et 3% du n°3 observent une baisse d’au moins 75% de la fréquence des crises. Des effets secondaires sont rapportés par 94% des participants du groupe n°1, par 84% du n°2 et 72% du n°3. Ils sont estimés de gravité légère à modérée.

De nombreux témoignages sont relatés dans la presse ces dernières années quant à l’usage du cannabidiol dans le cadre d’une épilepsie.

L’histoire la plus connue est probablement celle d’une jeune fille du Colorado. Charlotte Figi est atteinte du syndrome de Dravet. A l’âge de 5 ans, Charlotte se trouve dans une sorte d’état léthargique et subit plus de 300 crises par semaine. Celles-ci ont diminué de plus de 90% dès le troisième mois de prise d’huile de CBD. A présent, sa vie a complètement changé, elle parle, elle marche et s’alimente normalement.

En septembre 2019 une équipe de l’Université of North Carolina suggère que le CBD pourrait aider les patients atteints du syndrome d’Angelman. Celui-ci se caractérise par un déficit intellectuel sévère, des troubles neurologiques, une absence de langage et une épilepsie souvent résistante. Une seule prise de CBD réduirait significativement la sévérité des crises chez les modèles animaux. Un espoir naît pour les patients atteints de cette grave maladie. Des essais cliniques chez l’Homme suivront pour définir un cadre préclinique.

CBD et interactions médicamenteuses

Le CBD apporte un peu d’espoir pour bon nombre de malades. Mais il doit toutefois être utilisé sous contrôle d’une équipe médicale. On connaît notamment les interactions possibles avec les médicaments, comme le clobazam et les valproates. Il faudra alors impérativement surveiller leur dosage ainsi que les fonctions hépatiques.

Rédaction du texte par : Céline

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